Le moteur Gottlieb...l'Article

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-m------p-
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Le moteur Gottlieb...l'Article

Message par -m------p- » mer. 15 02, 2006 20:29

LE MOTEUR GOTTLIEB, TRUCS ET ASTUCES

Le moteur d'un flipper mécanique, (quel qu'il soit et quelle qu'en soit la marque), est l'âme du flipper, son ordinateur central, à la fois carte mère, processeur, mémoire vive et disque dur, si l'on transpose à l'informatique. Il s'agit en effet de l'ordinateur principal du flipper avec en second couteau son cousin, le Player Unit, situé, lui, dans le fronton. Le moteur est en quelque sorte le « boss » de votre flipper. Il distribue les ordres aux relais pour le bon fonctionnement du jeu.

Un moteur bien ... sale

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Tout novice qui soulève un plateau de flip et voit tourner cette machine infernale se perd en conjectures, en admiration et en étonnement devant une telle mécanique de précision qui n'a rien à envier à de l'horlogerie. Pour peu que celle-ci dégage moult étincelles, et c'est généralement le cas, le spectacle est parfait pour impressionner de plus belle notre novice en la matière. Mais cette mécanique infernale s'apprivoise si l'on sait lui « parler » (je ne sais pas parler à l'oreille des chevaux, donc...mais Robert Redford ne sait sans doute pas réparer un flip non plus).

Vue d'ensemble

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Comme je n'aime pas travailler sur un support crade...un petit nettoyage s'impose.

Hep, vous là.... Contre le mur...

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Et un petit nettoyage au jet, bien insister derrière les oreilles. Le jus de chaussette qui coule est toujours révélateur de la crasse qui s'accumule avec le temps.

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Un bon séchage devant un bon feu de bois (un halogène puissant à quelques dizaines de centimètres fera l'affaire ou la chaleur du soleil à la bonne saison).

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Il a tout de même une autre gueule, non ?

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Avant de toucher à quoi que ce soit et de commettre l'irréparable (pour moi, un provisoire qui dure...), faisons un rapide tour de notre moteur qui comporte en réalité 4 « sous-moteurs », généralement étiquetés en noir sur fond jaune ou blanc. Ici, ils ont disparu. Pour identifier les 4 parties distinctes si l'étiquetage a disparu, il suffit de repérer les 4 séries d'empilages visibles autour du moteur :
En position du joueur :
-l'empilage de contacts le plus proche, parallèle à la porte du flip, est le « moteur 1 »

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-dans le sens des aiguilles d'une montre, parallèle à la partie gauche de la caisse, est le « moteur2 »

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-dans le même sens (évidemment), légèrement de biais, est le « moteur 3 1/2»

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-pour finir, le dernier empilage, parallèle et proche des deux rangées de relais dans la caisse, est le « moteur 4 ».

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Il n'y a pas d'empilage plus ou moins réservé à telle ou telle fonction, le tout se trouve joyeusement mélangé et réparti en périphérie et c'est normal. En effet, mis à part les contacts de 10 points , 100 points ou 1 000 points, (bumpers) en « prise directe », qui ne nécessitent donc pas de rotation moteur, tout le reste : rollover, éjection, décompte bonus, changement de bille ou de tableau, etc, etc...nécessite une habile répartition sur les 4 « sous moteurs », et pas forcément au même « étage ».

Etage ? oui, car en observant chaque empilage on observe que des rangées de contacts se trouvent un peu à tous niveaux, c'est pour ça que Gottlieb les a identifiés en « A », « B », « C », « D », voire « E » pour certains flippers. Les contacts « A » et « B » sont toujours les plus difficiles à régler car inaccessibles au réglage et parfois même à la vue, à cause de leurs petits camarades des étages « VIP » que sont les « C » et supérieurs.

Il faut se reporter impérativement à la page relative à l'affectation des contacts moteur pour en connaître la destination.

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Sur la photo ci-dessous, prise sur un schéma électrique de Jungle Queen, on a tout sous la main : les différents étages d'empilages de A à E (sauf que sur ce flip, il n'y a pas d'étage « E »), la « fourchette à escargots » dont je vais parler plus loin, les positions des contacts moteur et le diagramme de calage.

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Ici, la fameuse fourchette et son ergot

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Et avec son ergot enlevé

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Pour certains flips, génération Jack in the Box ou Orbit, un carton rectangulaire est agrafé sur la partie verticale de la caisse à gauche entre le moteur et le transformateur. Je l'enlève toujours et je l'agrafe avec la doc du flip de même que j'ôte la goupille qui tient le moteur afin de pouvoir le basculer si nécessaire pour les réglages (ne pas omettre de remettre la goupille ensuite, surtout si le flip doit « voyager » ou être mis debout pour être déplacé, ça évitera à celui-ci de bringuebaler et de ruiner en partie votre travail à force de faire des aller et retour sur son axe.

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Le seul contact à retenir vraiment est le moteur « 1C inside » car il est immuablement placé au même endroit.
C'est le seul contact de la rangée ouvert, moteur à l'arrêt. C'est le « run ».

En évidence, le contact « run » en moteur 1 C inside. L'autre contact qui semble être sur la même rangée est en réalité le moteur 1 D, illusion d'optique.

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Ce contact est précieux lors de l'achat d'un flip en panne car il permet en le chintant, si les fusibles sont OK et que les contacts de game over sont bien fermés et propres, de savoir si le moteur n'est pas grillé et à quelle vitesse il tourne (pour les habitués des mécas).
La dénomination « inside switch » indique toujours le contact le plus proche de la partie tournante du moteur. Les « 2nd switch », etc... s'en éloignent donc.

Pour repérer les étages, prenons le moteur « 1 », toujours bien pourvu en contacts. Les contacts du niveau inférieur (souvent au nombre de trois) sont le moteur « 1A », au dessus, le moteur « 1B ». Le moteur « 1C » est facile à repérer car ses contacts affleurent au niveau de la partie supérieure tournante du moteur. Vient ensuite le niveau « D » s'il existe voire le niveau « E ».
Si le niveau « C » existe sur chaque « sous moteur », il n'en va pas de même systématiquement pour les niveaux « A » ou « D », c'est selon les flips.

L'accessibilité varie évidemment selon les étages. Si les niveaux « C » et supérieurs sont du « pain béni » d'u point de vue de l'accessibilité, les contacts des niveaux inférieurs sont souvent inaccessibles voire invisibles. Il est donc conseillé de démonter les niveaux « C » pour accéder aux contacts inférieurs, c'est surtout vrai sur le moteur « 1 », le plus touffu en contacts.
Si enlever les 2 vis ne pose pas de problème, attention à ne pas séparer les contacts entre eux. Heureusement, généralement, ils sont plus ou moins collés par la pression exercée par les vis avant démontage.


Par contre, attention à la pièce noire en forme de fourchette à escargots avec une petite patte insérée dans une des deux fentes que présente cette fourchette. Cette pièce est capitale car :
1°) elle est indispensable au mouvement de va et vient des contacts concernés
2°) en cas de mauvais remontage de la patte (c'est pourquoi il vaut mieux veiller lors du démontage à faire en sorte que cette patte ne tombe pas), le calage moteur serait complètement ruiné et engendrerait un dysfonctionnement total de nombre de fonctions du flip. Heureusement chaque schéma électrique présente sur sa partie gauche non seulement le diagramme de calage de tous les contacts moteur (ça peut toujours servir, et ça m'a d'ailleurs servi plusieurs fois) mais aussi une image de cette fourchette avec ses deux fentes parallèles avec les positions « S » ou « L ». Un autre tableau présentant les contacts du moteur par empilage indique la position « S » ou « L », donc tout n'est pas perdu, il y a toujours un garde fou. Normalement, en position « C », seul le moteur 2 est en « L position ».

Généralement, je n'enlève que l'empilage du moteur « 1C », les contacts situés sous le « 4C » étant plus facile d'accès mais le principe reste le même.

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Le moteur 1 sans son empilage « C », montre l'accessibilité des étages inférieurs « A » et « B ».

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Après avoir réglé et nettoyé les contacts des niveaux inférieurs, il faut bien remonter l'empilage « C » qui a été démonté.

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Bien remettre la « fourchette » et sa « patte » en tête des contacts. Bien s'assurer de l'horizontalité de la rangée,

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Bien serrer les deux vis, mais aussi :
-en mettant ses yeux au ras du moteur, s'assurer que l'empilage « C » ne penche pas et ne touche ni le « B » ni le « D »
-et surtout...car bien qu'étant au courant, je me fais encore parfois avoir parce que même avec l'œil dessus et un bon éclairage, noyé dans la masse de fils, on peut passer à côté : s'assurer que les têtes de soudure ne viennent pas toucher celles des autres étages, qu'il n'y ait pas de fils effilochés...sinon, résultat garanti en dysfonctionnements.

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Ce qui peut mettre sur la voie, ce sont les effets induits tels que :
-reset automatique des compteurs dés que l'on fait des points
-réactions incontrôlables dans les comptages de points,
-éjecteurs fous...
-etc...

Il faut donc regarder chaque tête de soudure, avec un bon éclairage, petit tournevis en mains. Evidemment, l'idéal est de démonter la planche de fond pour mieux voir...d'où l'importance de bien faire le travail dés le départ.
Autre point important à vérifier, mais si on prend le temps de voir s'ouvrir et se fermer chaque contact, comme je le préconise toujours, on est obligé de s'en apercevoir... il s'agit de la présence des écarteurs, petits cylindres de couleur claire de taille différente suivant les contacts. L'absence d'une de ces petites pièces peut entraîner un dysfonctionnement partiel ou total du flip par la fermeture ou ouverture permanente du dit contact. Dans ce cas, se procurer la pièce de la bonne longueur, la positionner et faire fondre le petit téton avec un fer à souder pour le maintenir en place solidement derrière la lamelle de contact.

Le travail des écarteurs :

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Dernier organe du moteur : le frein. Il est situé entre le moteur « 3 1/2 » et le moteur« 4 » et il sert à arrêter le moteur dans une position satisfaisante après chaque fin de rotation. Il est constitué d'une lamelle recourbée à son bout et il n'est pas rare de la retrouver cassée au ras des vis.

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L'absence de ce frein peut provoquer des pannes aléatoires car le moteur peut très bien s'arrêter correctement et se caler naturellement mais aussi s'arrêter avec un décalage entraînant des pannes ponctuelles voire l'impossibilité de redémarrer sans le recaler manuellement, donc à ne pas négliger.

Le diagramme de calage présent sur le schéma, indiquant la position d'ouverture et la durée de celle-ci, contact par contact, montre bien l'importance de ce calage. Je me souviens d'avoir passé des heures pour un réglage correct du reset des banks de targets et du décompte du bonus sur un Fast Draw en « moteur 2 D », indépendamment du fait que le frein moteur était présent et bien positionné, avant de comprendre qu'il y avait un décalage du moteur en raison d'une cambrure de l'empilage, invisible ou presque, à l'œil, (au moins, puisque c'est à l'œil c'est gratos...) détectée par hasard, qui, légèrement rentré vers l'intérieur, était donc décalé...
Heureusement, c'est un cas rare, un cas d'école, dirais-je, ce contact avait dû être bidouillé ou heurté au passage, d'où son décalage, mais j'avais perdu beaucoup de temps et pas mal d'influx nerveux...

Concernant le réglage de chaque contact proprement dit, je fais tourner le moteur manuellement pour vérifier, après nettoyage individuel de chaque contact, que celui-ci s'ouvre et se ferme bien avec un légèrement « accompagnement » lors de sa fermeture. Ce principe est valable pour tous les contacts de votre flipper, quelle qu'en soit la marque.

Ingrédients de base :

-la lime à contacts qui va bien
-une pince à épiler qui permet de serrer les deux lames du contact d'une main, pendant que l'autre donne un léger coup de lime (attention, il ne s'agit pas de limer les barreaux d'une cellule à La Santé...).
-la doc format A4 avec la page indiquant l'affectation des contacts moteur ou carton correspondant
-le schéma électrique du flip
-surtout jamais de bombe à contacts...................
-enfin, une bonne dose de... patience....................

Un article existe déjà concernant le changement d'un moteur, un autre pour calculer sa vitesse de rotation, je ne reviens donc pas dessus.

Voila, vous êtes en principe armé pour vous attaquer à cet organe sensible qu'est le moteur, avec une certaine sérénité.

Bon courage.

L'auteur de cet article ne souhaite plus que son pseudo y apparaisse. Il n'en conserve pas moins toute la propriété intellectuelle. Merci à lui.

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